Des salles de cinéma durables, c’est possible ! (et en vogue depuis 10 ans …)

greentertainment_salle_cinema_3Amenées à se transformer en profondeur au cours des prochaines années, les salles de cinéma prennent de plus en plus le virage du développement durable. En plus de gains environnementaux évidents, réduire la facture énergétique et la production de déchets permet aux exploitants de réaliser des économies de fonctionnement importantes, dégageant ainsi des marges suffisantes pour leurs investissements futurs : technologiques d’une part, commerciaux d’autre part. Au-delà, les retombées positives en matière de personnels (plus engagés), des pouvoirs publics (soutien) ou encore des médias ne doivent pas être négligées.

Tour d’horizon des solutions énergétiques plébiscités outre-Manche (et Atlantique).

Le durable : une stratégie à définir en amont

Comme l’expliquait un guide produit à l’attention des théâtre et des cinémas par la mairie de Londres en 2008 (un peu daté mais encore d’actualité à bien des égards) une stratégie énergétique doit faire l’objet d’une réflexion profonde et globale :

  • Identifier les changements nécessaires
  • Définir un plan d’action (objectifs, moyens, résultats attendus) cohérent et concret
  • Impliquer les équipes (concertation, formation, référent, …) dans la mise en œuvre des changements
  • Mesurer la consommation d’énergie afin d’analyser les résultats et d’ajuster les moyens aux objectifs
  • Élargir la réflexion aux prestataires extérieurs notamment par le biais de clauses contractuelles

Enfin, communiquer auprès du public sur ces sujets offre un double avantage :

  • faciliter le travail des équipes – notamment en matière de gestion des déchets
  • promouvoir l’action du cinéma, et son impact positif sur son environnement très local
Anciens ou neufs : tous les cinémas sont concernés

Si ces différentes actions peuvent être menées sur tous types de projets, il est évident que des différences existent entre les constructions neuves (ou pas encore sorties de terre) et les constructions plus anciennes, voire classées. Dans les deux cas, les investissements initiaux, plus élevés, sont ensuite amortis par les économies (principalement d’énergie) réalisées sur le fonctionnement.

  • Pour les constructions neuves, il s’agit de (re)penser les fonctionnalités offertes par le cinéma (projection, boutique, restaurant, …) à travers le prisme de normes de construction comme le cadre HQE (Haute Qualité Environnementale) qui allie respect de l’environnement (naturel et l’espace physique), qualité de vie (ici de travail) et soucis d’économies. Sans rien renier sur l’après, où les outils de maquettage numérique (BIM) offre des solutions intéressantes en matière d’entretien des bâtiments.
  • Pour les constructions plus anciennes, les nécessaires travaux de rénovation et de modernisation à venir (esthétique, technologique, d’accueil, …) seront une occasion à saisir. Par ailleurs, le réemploi d’un bâti existant est un exemple même de solution durable, puisqu’il n’implique pas de nouvelle construction  – et peut s’inscrire positivement dans une politique de patrimonialisation.
De la parole aux actes … généralités

Très concrètement, les exploitants peuvent tout d’abord recourir à des solutions et à des techniques qui ne sont pas propres aux spécificités du cinéma – bien souvent évidentes -, notamment sur le plan énergétique comme par exemple :

  • Planifier les travaux tout en privilégiant les derniers standards, normes et équipements
  • Éviter les usages abusifs de la climatisation ou du chauffage ainsi que leur utilisation simultanée
  • Utiliser (ou privilégier) des sources d’énergies durables – soit en les produisant directement sur les surfaces (toits, …) – soit via des abonnements spécifiques
  • Isoler toute ou partie du bâtiment afin de limiter les pertes thermiques
  • Privilégier les « écomatériaux« 
De la parole aux actes … CInéma

Des luminaires à la sonorisation, du système de projection à celui de la ventilation, de nombreux choix techniques spécifiques au monde de l’exploitation cinématographique peuvent avoir un effet positif sur la facture énergétique et, par conséquent, sur les finances des cinémas.

  • Lumière : le plus simple et le plus efficace
    • Privilégier des ampoules basses consommation et longue durée (type LED) : gain énergétique et sur la longévité. Du matériel spécifique peut cependant être nécessaire pour l’éclairage des salles.
    • Installer des détecteurs de mouvement et des minuteurs pour éviter d’allumer inutilement
    • Limiter les temps d’allumage dès que possible (lampes extérieures en journée)
  • Chauffage, ventilation et climatisation (CVC) : à la recherche d’efficience
    • Ajuster en temps réel la ventilation en fonction du taux d’occupation des salles afin de définir un bon équilibre entre confort et économies. Voire la réduire drastiquement au besoin : nuit, espaces de stockage, …
    • Favoriser des circuits d’air intelligent en mettant à profit les nouveaux projecteurs numériques (et leurs systèmes de traitement de l’air, de refroidissement, …). Pour une consommation énergétique entre 30% et 50% inférieure à celle d’il y a 10 ans.
  • Gestion de l’eau
    • privilégier des robinets à faible débits, munis de détecteurs
    • privilégier des toilettes avec des réservoirs « plus petits »
  • Système audio & système de projection
    • Privilégier du matériel audio récent (Class-D ou « switching amplifiers ») moins énergivore, plus compact, plus léger et contrôlable à distance
    • Privilégier les projecteurs laser – RGB pour les plus grandes salles, LP pour les plus petites – moins énergivores et sans ampoules
    • Ajuster l’allumage et l’extinction du matériel sur les horaires d’ouverture et de fermeture des salles et leur occupation
    • La dématérialisation des copies s’apprêtent à être aujourd’hui totale, signant la fin des DCP (Digital Cinema Package)

En matière de réduction de déchets, l’innovation doit être de mise :

  • Faciliter les billets électroniques ne nécessitant pas d’impression – par exemple en cas de réservation ou pour les personnes titulaires de cartes ou d’abonnements
  • Vendre des gobelets ou des « contenants » consignés, offrant des réductions pour de futurs achats
  • Faciliter le tri des déchets par le public, en proposant des poubelles spécifiques – avec des pictogrammes clairs – à des points clés (sorties de salle, …)
  • Travailler sur la question des emballages auprès des fournisseurs

Il est entendu, et ce sera là la conclusion qu’une telle stratégie doit être accompagnée d’une politique de ressources humaines et de management cohérente, dans laquelle les équipes du cinéma pourront et surtout auront envie de s’investir.

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