Film ! Le premier jour du reste de ton exploitation

Faon_Film_GreentertainmentProduire et tourner des films, c’est bien, les exploiter c’est mieux. Et le numérique peut aider. C’est en substance l’idée qui a animé les négociations sur « l’exploitation suivie des œuvres audiovisuelles et cinématographiques » ; aboutissant à un « accord interprofessionnel » le 11 octobre dernier. Accord signé pour 3 ans, évaluable dans 18 mois.

Concrètement, cet accord oblige les producteurs à « chercher à exploiter les œuvres audiovisuelles » (films, séries, documentaires, …) sur tous les supports de diffusion : salles, télévision, vidéo, internet, … Jusqu’ici, ils n’étaient soumis qu’à une exploitation « conforme aux usages » (loi Lang, 1985) – autrement dit : la salle de cinéma, la vidéo et la télévision. « Usages » qui n’ont pour autant jamais été clairement définis, malgré un projet de recueil lancé en 2009.

Prévu dans la loi n° 2016-925 du 7 juillet 2016 relative à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine (article 38 qui modifie l’article L132-27 du CPI), cet accord est salué par tous (CNC, SACD, SPI, …) comme un moyen de faciliter l’accès aux œuvres audiovisuelles françaises, notamment grâce au numérique. A en croire le rapporteur du-dit texte, seuls 12.000 des 28.000 films français recensés par le CNC seraient ainsi accessibles aujourd’hui (soit moins d’un tiers).

Dans les faits, on reste dans une obligation de moyens, c’est-à-dire l’obligation pour les producteurs de tout faire pour exploiter les œuvres sur tous les supports. A l’inverse, un basculement dans une obligation de résultats les aurait contraint à en réussir l’exploitation sur tous les supports. Ils n’auront ainsi qu’à prouver qu’ils ont essayé.

Dans l’attente de voir les premiers fruits de cet accord, on peut dire deux choses.
-Premièrement, reconnaître le numérique (et son canal : internet) comme un support à part entière est une bonne chose, et une nécessité. Lui reconnaître une légitimité va obliger les professionnels à le considérer comme un des outils à leur disposition et non plus comme une épine dans leur pied. Certainement que cela ne changera rien pour de nombreuses œuvres et de nombreuses questions restent en suspens concernant le type de plateforme (qui, comment, quels modèles économiques, … ?) ; mais cela reste une avancée louable.
-Deuxièmement, l’accès à tous les films (ou à une très grande partie) et notamment aux très nombreux « classiques » sera une excellente opportunité de relancer et de promouvoir à nouveau – à travers les films et non pas par des « on dit » – le cinéma français et son histoire. Et n’est-ce pas ce que fait Bertrand Tavernier avec son Voyage à travers le cinéma français (2016) ?

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