Top Films – SF & Changement climatique

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Une bonne partie des pays du monde se sont retrouvés à Paris entre les 10 et 14 décembre dernier à l’occasion du One Planter Summit pour tenter de réduire notre impact sur le climat. Et un simple coup d’œil à l’actualité devrait suffire à convaincre de l’urgence d’agir. Un phénomène qui n’a pas échappé au cinéma, souvent avec l’idée que notre monde n’y survivrait pas.

Et donc, afin de persuader les derniers esprits rétifs, voici un petit top des films d’anticipation montrant notre petite planète avec un climat totalement déréglé !

6.Snowpiercer (BonG Joon-Ho – 2013)

2031. Une nouvelle ère glaciaire. Les derniers survivants ont pris place à bord du Snowpiercer, un train gigantesque condamné à tourner autour de la Terre sans jamais s’arrêter. Dans ce microcosme futuriste de métal fendant la glace, s’est recréée une hiérarchie des classes contre laquelle une poignée d’hommes entraînés par l’un d’eux tente de lutter. Car l’être humain ne changera jamais…

Snowpiercer nous donne à voir les limites de nos comportements actuels face au changement climatique. D’un côté, c’est la croyance que la science saura nous sauver qui est balayée dès la scène d’exposition. Car c’est en tentant d’endiguer le phénomène que les scientifiques transforment la Terre en une immensité gelée. De l’autre, c’est l’immobilisme et l’aveuglement de nos sociétés qui sont épinglées. Car en récréant une société inégalitaire à bord du train, la quelque centaine d’individus qui composent l’humanité survivante nous prouve qu’elle n’a toujours rien appris. Qu’elle n’a pas su, ou pu, comprendre qu’un problème tel que le climat nécessitait une solution concertée, démocratique, qui s’appliquerait à tous et par tous, à tous les niveaux.

Et ce sont précisément ces deux aspects, l’attente d’un miracle scientifique et l’immobilisme, l’irresponsabilité collective qui poussent l’humanité vers sa perte dans le film.

5. The Day After Tomorrow (Roland Emmerich – 2004)

Le climatologue Jack Hall avait prédit l’arrivée d’un autre âge de glace, mais n’avait jamais pensé que cela se produirait de son vivant. Un changement climatique imprévu et violent à l’échelle mondiale entraîne à travers toute la planète de gigantesques ravages : inondations, grêle, tornades et températures d’une magnitude inédite. Jack a peu de temps pour convaincre le Président des Etats-Unis d’évacuer le pays pour sauver des millions de personnes en danger, dont son fils Sam. A New York où la température est inférieure à – 20° C, Jack entreprend une périlleuse course contre la montre pour sauver son fils.

S’il est parfois décrié, R. Emmerich a su capter à plusieurs reprises la fin d’un monde. Qu’il s’agisse de la fin de l’Amérique anglaise, avec The Patriot, de la fin de l’Homme comme seule espèce dominante, avec Independance Day ou encore, et c’est le cas du film qui nous intéresse ici, de la fin de l’irresponsabilité climatique des sociétés occidentales. Car en effet, sourds aux mises en garde des scientifiques incarnés par le personnage principal, les USA sont en partie détruits par une transformation rapide et brutale du climat. Première et principale victime de ce nouvel âge de glace, les Américains se retrouvent projetés dans la peau de migrants climatiques ; en route vers les pays du Sud. Take that wall !

Plus qu’un simple film de genre, The Day After Tomorrow tente de montrer que le réchauffement climatique touchera aussi bien les pays riches que les pays pauvres, et que seuls les individus les plus puissants, seuls les individus les plus fortunés, n’auront pas à en subir les conséquences.

4. Water World (Kevin Reynolds – 1995)

A la suite d’une catastrophe écologique, la Terre est recouverte par les océans. Les rares survivants vivent sur des atolls artificiels, rêvant d’une contrée mythique, Dryland, recouverte de vastes forêts et de profondes vallées.

Avec Waterworld, Kevin Costner n’a pas simplement coulé au box-office, il nous a donné à voir une planète entièrement immergée suite à la fonte des glaces des pôles. En plus de nous alerter grâce à des images fortes sur un danger réel (la montée des eaux), il nous montre surtout le caractère religieux que peu revêtir un tel évènement. Quasi exterminée par un nouveau Déluge qu’elle a elle même provoqué, l’humanité survit grâce à un espoir fou : celui d’un nouvel Eden, un paradis émergé en attente d’être trouvé (« DryLand« ). Une terre qui ne peut être trouvé qu’à l’aide d’une petite fille, dont les parents, Adam & Eve des temps modernes, ont tatoué une carte sur son dos.

En mobilisant certaines références et certains codes tel qu’il le fait, le film manie des symboles et des images associant « réchauffement climatique » et « punition divine » et fait du laissé-faire et du fatalisme les « bonnes » attitudes à adopter ; puisque les « purs », les « élus », se verront offrir une Terre lavée et régénérée.

3. Interstellar (Christopher Nolan – 2014)

Le film raconte les aventures d’un groupe d’explorateurs qui utilisent une faille récemment découverte dans l’espace-temps afin de repousser les limites humaines et partir à la conquête des distances astronomiques dans un voyage interstellaire.

Le presque christique Interstellar est parsemé de références religieuses et l’on peut là encore se fendre d’une lecture « biblique » du réchauffement climatique. Alors que la Terre se meure à petit feu pour une raison que l’on ignore, que les récoltes ne poussent plus et que l’humanité semble condamnée à dépérir lentement, une mission de la dernière chance se lance à la conquête de l’espace. Avec un sa tête un nouveau Moïse, prêt à se sacrifier pour ses enfants.

Si l’Eden de Waterworld était encore situé sur Terre, celui de Interstellar est ailleurs, sur un autre monde. Présenté comme une sorte de Royaume des Cieux qu’il nous faudrait trouver, dans un dernier sacrifice. Quitter la Terre pour un nouveau paradis ; abandonner un monde qui nous est hostile grâce aux progrès de la science. Science qui ne sert donc ici plus à réparer mais simplement à fuir.

2. Elysium (NeilL BlomKamp – 2013)

En 2154, il existe deux catégories de personnes : ceux très riches, qui vivent sur la parfaite station spatiale crée par les hommes appelée Elysium, et les autres, ceux qui vivent sur la Terre devenue surpeuplée et ruinée. La population de la Terre tente désespérément d’échapper aux crimes et à la pauvreté qui ne cessent de ne propager. Max, un homme ordinaire pour qui rejoindre Elysium est plus que vital, est la seule personne ayant une chance de rétablir l’égalité entre ces deux mondes. Alors que sa vie ne tient plus qu’à un fil, il hésite à prendre part à cette mission des plus dangereuses –  s’élever contre la Secrétaire Delacourt et ses forces armées – mais s’il réussit, il pourra sauver non seulement sa vie mais aussi celle de millions de personnes sur Terre.

Avec Elysium, nous quittons le domaine du religieux pour un autre imaginaire, tout aussi important, celui de la lutte des classes. Réchauffement climatique et destruction des écosystèmes obligent, les hommes se retrouvent bloqués sur une planète devenue stérile ou presque. Seul espoir, l’argent, qui ouvre les portes d’une station orbitale où vivent les plus grosses fortunes du monde. Dans ce nouveau paradis technique, la nature est belle et protégée, bien qu’artificialisée. La vie dans l’espace où le climat est le bon, plutôt que sur Terre où tout paraît déréglé … pour ceux qui en ont les moyens.

En faisant du réchauffement climatique un enjeu de domination sociale, Elysium va plus loin que The Day After Tomorrow et pousse l’idée d’une migration hors des frontières non plus nationales, mais terrestres. Les plus riches pourront fuir, sur des installations bâties par et pour eux, là où les autres, les moyens et les faibles, resteront bloqués sur une Terre qu’ils n’ont qu’en partie participé à détruire.

1. Soleil Vert (Richard Fleischer – 1973)

En 2022, les hommes ont épuisé les ressources naturelles. Seul le soleil vert, sorte de pastille, parvient à nourrir une population miséreuse qui ne sait pas comment créer de tels aliments. Omniprésente et terriblement répressive, la police assure l’ordre. Accompagné de son fidèle ami, un policier va découvrir, au péril de sa vie, l’effroyable réalité de cette société inhumaine.

Contrairement aux 5 autres films présentés précédemment, Soleil Vert impose une vision sans espoir de salut. En transformant la Terre est une vaste étendue stérile, l’Homme (ou plutôt l’homme) s’est condamné lui-même. Sans issue, sans échappatoire possible, il apparaît comme bloqué sur une planète morte, à attendre sa fin. Avec la destruction de la biosphère, c’est l’idée même d’un Eden qui a été détruit (alors que toute image d’un paradis vert a entièrement disparue). Avec le réchauffement climatique, c’est la civilisation toute entière qui a basculé moralement, sans qu’aucune porte de sortie ne vienne récompenser les méritants … si ce n’est en trouvant son bonheur dans la mort.

En faisant de la Terre un monde clos, où les destructions humaines ont des conséquences directes, sans échappatoires possibles, Soleil Vert nous donne à voir ce que pourrait être notre futur. Sans espoir de salut christique, technique ou encore « financier ». C’est l’humanité dans ses fondements qui sera bouleversée, condamnée à surmonter tous ses tabous, à braver tous ses interdits. Condamner à manger ses morts pour survivre.

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